La peur du rejet, de l'abandon

Il y a des blessures qui ne cicatrisent pas facilement. La peur du rejet, de l'abandon, en fait partie. Elle est là, tapie quelque part en nous, et elle se réveille à chaque nouveau lien que l'on tisse, à chaque fois que l'on ose s'ouvrir à quelqu'un.

Quand la communication se rompt

Ces derniers temps, alors que je me sens prêt à une nouvelle relation amoureuse, je me heurte à des difficultés de communication. Comme vous le savez, je suis autiste Asperger, et j'ai beau essayer d'être naturel, à l'écoute de l'autre, il arrive toujours un moment où la communication se rompt. Et je ne parviens pas à en connaître la raison. Mes messages sont ignorés — même lorsque je m'intéresse à ce que la personne partage —, ce qui me questionne.

Se sentir rejeté ou ignoré par des personnes que l'on aime peut parfois faire souffrir. D'où l'importance d'apprendre à « s'auto-suffire ». Peut-être suis-je perçu comme trop intense, ou trop présent. C'est quelque chose à laquelle je fais extrêmement attention car on m'a souvent reproché de livrer trop d'informations par textos.

La peur derrière l'amour

Cela me rappelle un passage de « Conversations avec Dieu » :

Au moment où tu promets ton plus grand amour, tu accueilles ta plus grande peur. Car aussitôt après avoir dit « Je t'aime », tu t'inquiètes de ce que cet amour ne te soit retourné. Et s'il l'est, tu te mets aussitôt à t'inquiéter de perdre l'amour que tu viens de trouver. Ainsi, toute action devient réaction — pour te défendre contre la perte.

Cette citation résonne tellement en moi. Combien de fois ai-je gâché de beaux moments par peur de les perdre ? Combien de fois ai-je étouffé l'autre par besoin d'être rassuré ? La peur du rejet nous pousse paradoxalement à provoquer ce que nous redoutons le plus : l'éloignement de l'autre.

Se sentir complet sans l'autre

En ce moment, je travaille beaucoup sur la sensation de complétude pour ne plus ressentir le besoin d'être en couple pour me sentir complet, vraiment accompli.

J'avais la fausse idée que se sentir complet poussait à vivre sans relation amoureuse, en s'auto-suffisant. Presque à se couper des autres. Mais je me rends compte que ce n'est pas ça. Au contraire, c'est parce que l'on sent que l'on n'a pas besoin des autres pour exister et se sentir complet que l'on peut pleinement être en relation équilibrée avec les gens et avoir envie de grandir avec eux.

Je pense que parvenir à cet état d'esprit demande un travail sur soi et il n'est pas toujours aisé car il peut exister des blocages psychologiques, des peurs enfouies. Pour quelqu'un comme moi, avec l'Asperger, ce travail est peut-être encore plus complexe — parce que la peur du rejet se double d'une incompréhension des codes sociaux qui rend chaque interaction un peu incertaine.

Mais restons positifs, mes amis. Il n'existe pas de fatalité. Et chaque pas vers la complétude intérieure est un pas vers des relations plus libres, plus sereines, plus vraies.