Me revoici pour cette troisième journée au centre Kadampa. Ce matin, après avoir pris le petit déjeuner avec trois personnes retraitantes, je me suis rendu dans la boutique du centre pour y acheter un certain nombre de livres, car je savais que je ne pourrais prendre le temps de tout lire ici, et surtout, je n'en ressentais pas le désir immédiat.
Apprendre par la voie orale
Il faut du temps pour acquérir des connaissances, pour les intégrer, et la transmission de la sagesse bouddhiste se fait traditionnellement par voie orale. C'est la raison pour laquelle je parle à des moines et des résidents des différentes divinités bouddhistes et aussi des valeurs bouddhistes. Il y a beaucoup à apprendre, beaucoup à intégrer. C'est, je pense, le travail de plusieurs vies.
Une retraitante m'a rappelé qu'un centre Kadampa existait à Paris 20, mais uniquement pour des enseignements. Je pense m'y rendre régulièrement pour continuer à méditer avec d'autres personnes, pour être accompagné dans ma pratique spirituelle.
Ce matin, au petit déjeuner, j'ai parlé du cinquième accord toltèque, qui parle du scepticisme, du doute. Je dois en lire davantage avant de vous en parler, car je pourrais vous induire en erreur.
La quiétude omniprésente
Ici, la quiétude a sa place et est omniprésente. Elle a un effet bénéfique et positif sur les gens qui, me semble-t-il, expriment alors le meilleur d'eux-mêmes. Ils parlent un peu de leur vie, mais surtout beaucoup du bouddhisme, de ses valeurs, de la vie, des difficultés que nous pouvons rencontrer.
Ce lieu m'apporte beaucoup et j'y reviendrai, c'est certain. Il m'a redonné à moi-même alors que je sentais que je commençais à me perdre à cause de ce que les bouddhistes appellent les perturbations mentales, comme la colère.
L'après-midi : la perception et les émotions
14h12. J'ai fini de déjeuner et suis de repos aujourd'hui. Ce matin, j'ai lu sur le cinquième accord toltèque et je pourrai bientôt vous en parler. Je vois que tout ce qui nous entoure, tout ce qui fait nos relations est complètement du domaine de la perception. Ce midi, j'ai eu la sensation d'être moins connecté aux gens, alors que c'était l'inverse ce matin.
Il est très facile de se laisser influencer par nos émotions. Dès qu'une émotion parasite notre état d'être, notre perception du monde change.
L'acceptation, le non-jugement, voir les choses telles qu'elles sont sans les teinter de nos sentiments... tel est le chemin que je choisis de suivre à présent.
La soirée : la prosternation et l'humilité
23h30. Ce soir, après avoir assisté à la cérémonie du joyau et de Tara, j'ai discuté avec deux autres retraitantes, sur le moment présent, nos projections mentales, les « coïncidences » de notre vie.
J'ai reparlé avec Max, comme chaque soir. Je lui ai demandé de m'expliquer les gestes que l'on fait avant la prosternation, et également sa signification, car cette pratique me dérangeait.
Il m'a expliqué que ce n'était pas un signe d'adoration, mais d'humilité. Que l'on ne se plaçait pas dans une optique « Bouddha, tu es grand et je ne suis rien à côté de toi », mais, au contraire, que l'on reconnaissait que l'on avait tous en soi la graine de Bouddha, que l'on pouvait tous parvenir à la bouddhéité. La prosternation est un geste de purification, pour laisser moins de pouvoir à notre orgueil face à la grande sagesse de Bouddha.
Il a mis l'accent sur le fait que Djé Tsong Khapa, pour montrer l'importance de cette pratique, a fait dans sa vie des milliers de prosternations devant les 35 bouddhas alors qu'il avait lui-même atteint l'état de bouddhéité.
Le scepticisme bienveillant
Ce soir, Max nous a dit que son grand-père était mort et qu'il partait demain. Il nous a expliqué qu'il n'était pas triste car cet homme était parti paisiblement, sans souffrance. Il a beaucoup prié Tara en ce sens.
Ce lieu va me manquer, mais je ne dois pas penser au futur. Le présent, c'est maintenant.
J'ai beaucoup repensé ces jours-ci à la polémique sur le forum, et la lecture du cinquième accord toltèque m'a éclairé : « soyez sceptique, mais sachez être à l'écoute. » Quand quelqu'un s'en prend à moi ou aux autres, ce n'est pas personnel — il ne fait qu'exprimer sa propre réalité. J'ai réveillé en cette personne quelque chose qui l'a poussé à réagir. Mais, au final, cette personne reste face à elle-même.
Ce lieu m'apporte tellement, et toutes les personnes qui y séjournent. J'emporte avec moi un peu plus de sagesse, sagesse que je vais partager avec vous au fil des prochains mois.