Les personnes spirituelles (ésotériques) ont-elles un terrain de fragilité ?

Cela fait pas mal d'années que je m'intéresse à la spiritualité. Je suis passé par pas mal de cases. Dans l'ordre, il y a eu le taoïsme, les arts martiaux, un petit peu le bouddhisme par des films (comme Little Buddha), puis Conversations avec Dieu, qui a vraiment changé ma vie... Ensuite, il y a eu véritablement le bouddhisme (avec des retraites, des livres), qui a littéralement transcendé ma vie.

Je me suis aussi intéressé à certaines choses ésotériques: la loi de l'attraction, la voyance, le channeling, les NDE, le spiritisme, les anges (gardiens ou non), la magie, le chi, le reiki, les guides spirituels, le pendule, la télépathie.

Aujourd'hui, je peux dire que ma manière de penser est fortement influencée bouddhiste/taoiste, mais aussi des courants spirituels comme Conversations Avec Dieu et les livres d'Esther Hicks. Et je crois que j'en suis heureux. Je commence à avoir ma propre vision de ce qu'est Dieu et la vie de manière générale.

Oh, d'ailleurs, à présent qu'on en parle, désirez-vous savoir qui est Dieu pour moi? Ah, je vois quelques mains se lever au fond! Ne soyez pas timide!

Dieu... n'est pas une entité pensante. Attention, je vous livre MA vision des choses. Dieu est pour moi une énergie qui maintient le tout, qui n'a pas de volonté propre. C'est une loi de l'univers. Tout se ressemble et s'assemble. Les choses s'imbriquent les unes dans les autres, et tout évolue. Qu'est-ce qui est à l'origine de cette énergie? Je l'ignore. Aurait-elle toujours été là? C'est fort possible. Pour moi, c'est l'essence même de l'univers. C'est ce que l'univers est. Et je n'y ressens pas de contradiction.

Ainsi donc, Dieu serait donc partout puisqu'il est le tout, mais lorsque l'on prie, on ne prie pas Dieu, on envoie ses pensées à l'univers. Et pour moi, l'univers nous renvoie ce qu'on lui envoie, comme un miroir, une photocopieuse géante de nos pensées. Si on lui envoie des pensées négatives, de manque, de mal-être, il nous renvoie cela. Si on lui renvoie des pensées de contentement, de complétude, positives, il nous renvoie cela. Au final, il n'y aurait donc rien à demander, les clefs sont en nous.

Je pense... que nous existons à la fois dans le monde physique et le monde non physique. Que nous sommes l'extension physique de notre être non physique. Et qu'à chaque fois que l'on reçoit un "message" de l'univers, il nous est transmis à travers notre être non physique qui est en contact avec le tout. C'est lui aussi qui peut nous transmettre des images du futur, nous permettre de ressentir des choses, de "devenir extra lucide". En soi, la seule guidance dont nous aurions besoin, nous y avons accès en nous connectant à notre être non physique, par le recueil.

Du coup, j'ignore sincèrement si les anges existent. Je pencherais plutôt pour d'autres êtres non physiques liés à des êtres physiques actuels, qui peuvent nous aider à certains moments de notre vie.

Je pense que le spiritisme est réel, et que l'on peut entrer en contact avec les "morts". J'ai fait cette expérience de nombreuses fois avec ma famille pour savoir que ce n'était pas truqué.

Je ne pense pas que la magie existe, blanche, noire, rouge, etc. Mais je crois à la loi d'attraction, et la magie peut convaincre les gens qu'ils obtiendront ce qu'ils désirent, activant la loi d'attraction.

Je crois en la voyance (mais je pense qu'il y a peu de bons voyants, très très peu), et je me rends bien compte que malgré mon syndrome, je suis capable de ressentir pas mal de choses. Mais pas sur le visage des gens. Je perçois des tensions énergétiques, j'ai des sensations qui me traversent le corps. En cela, je suis "chanceux", je peux tout de même percevoir des choses même si je ne comprends pas vraiment l'ironie, le second degré, les sous-entendus, l'implicite.

Je crois aux NDE, au channeling. Pour moi, certains messages reçus (Esther Hicks, Neale Donald Walsch) sont d'une telle teneur qu'ils ne peuvent être humains.

Je pense que Neale Donald Walsch a échangé avec son soi non physique à un niveau très élevé, qui a eu accès à une sagesse très profonde. Cela n'engage que moi, bien sûr. Mais je ne pense pas qu'il y ait une entité pensante avec laquelle nous pourrions converser. D'ailleurs, à plusieurs reprises, il lui a dit qu'il se parlait à lui-même, et que c'était la même chose que de parler à Dieu.

Je crois au reiki, au taichichuan, au qi gong. Des choses étonnantes sont arrivées aux personnes ayant ces pratiques, et aujourd'hui, à mon sens, on ne peut remettre cela en question.

Je ne crois pas aux guides spirituels. Je ne pense pas qu'il y ait des êtres dans le monde invisible qui choisissent de guider des êtres humains. Mais que l'on puisse recevoir des messages de la partie non physique de son être, ou même d'un groupe d'entités non physiques qui ont leur extension physique ici "bas", si, j'y crois. Par contre, je pense sincèrement que l'on peut aussi, par le mental, croire recevoir des messages et les considérer comme vérité suprême, ce qui est très dangereux. J'ai connu une personne comme ça.

Je ne crois pas aux "récompenses et punitions du ciel", ni que l'on se préoccupe de nous au final. Parce que je ne pense pas que ça rentre dans la logique de co existence, de la loi d'attraction. Nous sommes. Et tout ce qui est est interdépendant, en interrelation. Il n'y a pas, pour moi, d'entités qui jugent, acceptent ou refusent des requêtes. Ca représente pour moi un schéma primaire de pensées. C'est comme si l'on allait voir un pommier, lui demandant de nous offrir ses pommes. Si le vent souffle, et qu'une pomme prête à tomber le fait, nous pourrions dire que nous avons été exaucés. Et si rien ne se passe, nous pourrions en vouloir à l'arbre de se fiche de nous, de ne pas se soucier de nous. Mais il n'y a aucun lien de subordination avec l'arbre, nous sommes interreliés. Voyez-vous où je veux en venir?

Le pendule... je pense qu'il peut être un outil étonnant, mais pour moi extrêmement compliqué à utiliser car la pensée peut l'influencer.

La télépathie... je ne sais pas. Il parait qu'il y a eu des expériences sur des singes où l'on parvenait à leur transmettre des images, que c'est un phénomène démontrable sous certaines conditions.

Je crois aussi que dans la réalité absolue, il n'y a aucune séparation. Que nous sommes tous liés, connectés, sans nous en rendre compte. Que l'illusion de la séparation entraine dispute, colère, ego, sensation de danger, inquiétude. Elle est nécessaire pour notre croissance spirituelle, mais est à mon sens une illusion. Le souci, et c'est ce qui m'arrive en ce moment, c'est lorsqu'on commence à percevoir de plus en plus clairement cette illusion mais que l'on voit que les gens autour de nous considèrent que nous sommes malgré tout séparés. Ca me met dans une position de malaise car je ne sais comment faire pour me sentir bien, ayant la sensation d'avoir les fesses entre deux chaises. J'en ai parlé récemment à un moine qui m'a donné des pistes.

Mais je parle, je parle, et je n'en suis pas encore arrivé au vif du sujet.

Depuis que je me suis intéressé à la spiritualité, je me suis rendu compte que la quasi majorité des femmes que j'ai rencontrées étaient des personnes instables. Certaines semblaient bien dans leur peau (presque toujours, d'ailleurs), mais quelques semaines/mois plus tard (parfois quelques années), elles avouaient (ou se trahissaient): boulimie, anorexie, phobie sociale fortement handicapante, problèmes d'argent importants, colère extrême, dépression, fuite consciente du bonheur, forte conviction que le "ciel dirige notre vie", fort sentiment de culpabilité d'être pécheresse, très fort attachement à l'image sociale et à l'argent, problèmes de santé importants (handicap physique important, par exemple, nécessitant un fauteuil roulant), etc.

Peut-être est-ce aussi moi qui suis attiré par ce genre de personnes, pour quelque part me donner une valeur afin de les "secourir" (ce qui serait une illusion), ou pour guérir quelque chose en moi ou voulant leur apporter du positif, de l'amour, mais je me rends compte que même si une personne semble bien dans ses chaussures, tôt ou tard, je vais découvrir une personne ayant un/des problème(s) relativement important(s). En tout cas, il semble que je sois entré dans ce pattern depuis... mes 21 ans.

Quelqu'un m'a dit hier: "On peut chercher aussi à se rapprocher de quelqu'un qui a des failles en espérant que nos propres failles seront acceptées, accueillies, colmatées, supportées, compensées. Qu'elles ne nous seront pas, ou moins reprochées. C'est peut-être de la compréhension, quelqu'un de compatissant et de bienveillant que tu recherches." Et ça me parle. Je ressens que ça me correspond vraiment, cette description. Une autre personne m'a dit "peut-être... n'es tu pas vraiment en quête... ainsi être attiré par des femmes avec lesquelles c'est impossible à vivre... te permet de ne pas répondre à ce désir qui n'en serait pas un...". Je pense que je désire vivre une belle relation amoureuse mais que je me mets pas mal de bâtons dans les roues: manque de confiance dans le fait d'être un plus dans la vie de quelqu'un, caractère très doux qui ne colle pas à l'image virile de l'homme que je pense que je devrais avoir, mes études qui me prennent un temps démentiel et que je n'aime plus du tout (mais il me reste deux ans + un mémoire et enfin, j'en aurai fini. Si je m'arrête à presque 37 ans, je le regretterai, et le métier que je pourrai pratiquer derrière, c'est vraiment celui-là que je désire faire). Et du coup, il est fort possible que, n'y croyant pas, je me mette des bâtons dans les roues et ne sois attiré que par des personnes non réellement disponibles.

Un jour, ma tante m'a dit que les personnes s'intéressant de près à la spiritualité pouvaient avoir un terrain de fragilité, d'instabilité. Je dois avouer que je commence à me poser la question. Il y a un côté magique dans tout cela: la justice divine pour les chrétiens, nos pensées/émotions qui pourraient rapidement changer les conditions extérieures pour ceux qui croient en la loi de l'attraction, le désir de connaître l'avenir et voir les conditions extérieures de notre vie s'arranger rapidement pour ceux qui sont très tournés vers la voyance, voire la magie, les anges...

J'ai rencontré une jeune femme il y a quelques années, et nous avons échangé un certain nombre de fois. Pour moi, c'était l'une des personnes les plus lumineuses que je connaissais. Du moins, c'est ce que je croyais. Il s'est avéré qu'elle se perdait dans les relations amoureuses, passant d'une relation à une autre, affirmant qu'elle ne voudrait vivre qu'un seul amour, éternel, mais m'ayant avoué qu'elle fuyait consciemment le bonheur.

Et c'est quelque chose que je ne peux concevoir (déjà, parce que ce comportement est une contradiction et qu'il y a eu pour moi manque de sincérité de sa part, à savoir affirmer qu'elle aspire à la joie dans une relation, à l'union, et m'avouer ensuite qu'elle fuit consciemment le bonheur). Le bonheur, le véritable bonheur, est le but de toute vie, afin de pouvoir transmettre à autrui les clefs de ce bonheur, afin qu'ils le découvrent aussi et le transmettent à leur tour à d'autres personnes.

Si l'on fuit consciemment le bonheur, se perdant dans des relations que nous savons vouées à l'échec dès le départ, a-t-on réellement une chance de nous accomplir spirituellement et de faire du bien avec authenticité? Imaginez un moine qui vous parle du bonheur, de l'éveil, du nirvana, vous citant Bouddha, vous expliquant comment l'on se sent quand on atteint l'éveil, cette plénitude, ce bonheur stable, mais qui tourne consciemment le dos au bonheur ? N'est-ce pas finalement un geste creux, dénué de sens? L'enseignement a-t-il encore une valeur, au final?

Le fait est... que j'avais une haute estime de cette personne. Elle a un métier tourné vers les autres, d'aide. Mais... je ne peux concevoir qu'une personne qui a choisi d'aider les autres fuit consciemment le bonheur. C'est comme si un psychologue ou un psychiatre faisait de même. Pour moi, ça rend le geste même de donner caduque. Et c'est très dommage. Et, c'est le plus triste, je ne peux être ami avec une personne qui fuit consciemment le bonheur. J'ai une responsabilité envers mes enfants, et ne peux les mettre en présence d'une personne qui fuit le bonheur. Ils ressentiraient une contradiction entre ce que la personne dégage, et ses dires. Et ça les mettrait aussi mal à l'aise que moi. Je commence d'ailleurs à comprendre pourquoi j'ai ressenti régulièrement un malaise à l'égard de cette personne. Et je comprends qu'il faut à présent que je m'écoute, complètement, que je me fasse confiance, et que je cesse d'écouter les paroles.

Je me rends compte que le schéma se répète, rencontre après rencontre. Je rencontre une personne qui semble réfléchie, posée, spirituelle, qui a des points de vue profonds sur la vie, qui semble très positive. Et je découvre quelqu'un qui a des soucis relativement importants. A chaque fois. Et qu'une partie de cette attitude n'était finalement qu'une attitude dont la personne tente de se convaincre elle-même. La personne précédente était presque toujours en colère, désirait que je rentre dans sa colère avec elle, me disait que "le ciel" se fichait d'elle, la laissait dans la mouise, laissait son ex-conjoint lui faire du mal, qu'elle ne pouvait rien faire si le ciel refusait de l'aider... Elle ne supportait pas ma compassion, me disant qu'elle était étouffante, et que cette sensation qu'elle me transmettait "venait de plus haut". Voyez-vous le souci?

Du coup, j'en viens à me poser la question: est-ce moi qui suis attiré par les femmes ayant des fragilités plus ou moins importantes, pour combler mon manque de confiance et me sentir plus important, plus sûr de moi? Ou est-ce que certaines personnes qui s'intéressent de près à la spiritualité et l'ésotérisme n'ont-elles pas un terrain de fragilité ? Je vous avoue que je penche de plus en plus pour les deux hypothèses.

Finalement, les personnes les plus stables que j'ai rencontrées pour le moment, hormis quelques exceptions, sont des personnes bouddhistes. Peut-être parce qu'elles se remettent en question en permanence, ne considèrent jamais rien pour acquis, comprennent que leurs pensées, paroles et actions doivent être remplis de sens. Peut-être. Quelques personnes athées m'ont aussi paru très stables et équilibrées, ainsi que quelques rares personnes spirituelles non attachées à un courant spirituel (comme une religion, par exemple). Le tableau est donc nuancé.

Mais il est sûr que ce soir, je remets énormément en question l'ésotérisme et en partie la spiritualité. J'ai la sensation que des personnes se sentant mal dans leur peau se réfugient dedans en espérant y trouver des réponses, une raison à leur vie, un équilibre, et construisent ensuite leur vie autour, mais souvent avec des faux-semblants qui se dévoilent au fur et à mesure qu'on apprend à les connaître. C'est vraiment dommage et je me sens triste pour ces personnes. Le problème... est que l'on peut faire confiance en ce qu'elles disent au début, écouter leurs paroles positives, qui semblent parfois remplies de sagesse. Mais je me rends compte qu'il faut écouter plutôt ce qu'on ressent sur ces personnes plutôt que leurs paroles. Faire entièrement confiance en son ressenti.

Puissent-elles trouver le bonheur stable un jour. Puissions-nous tous le trouver.

Choisissez-bien les personnes dont vous vous entourez. Elles sont très importantes et peuvent vous faire avancer... ou vous entraîner dans leur illusion si vous n'y prêtez pas attention.

Ce qui est sûr est que je fais de plus en plus le ménage dans ma vie pour ne conserver dans mon entourage proche que des personnes dont je trouve que le comportement est cohérent, stable, et qui sont en quête d'un bonheur stable, sain. Et je coupe les ponts au fur et à mesure avec toutes les autres personnes qui, finalement, pourraient freiner ma progression vers l'éveil par des schémas de pensées limitants.

Pour finir, je mets une vidéo de Suyin Lamour, sur le manque. Elle m'a beaucoup parlé, et je sens que je vais faire au moins une séance avec elle.